Les souvenirs se voilent à l'avant du bateau. Et ce quai qui s'éloigne vers un monde nouveau. Une vie qui s'arrête pour un jour qui commence. Alors, vite, je tombe. Comme un oiseau voleur, touché là, en plein c½ur et qui se demande encore pourquoi, pourquoi, il est passé par là. Je tétanise au bar de mes nuits sans sommeil. Sirote mon désespoir, en délirants cocktail. Mais il n'est jamais trop tard, pour qu'une bonne âme me réveille. Cher pays de mes errances, je te danse, valse ma raison contredanse. Balance, en suspense, équilibriste en décadence. Ce matin, j'aurais besoin de chaleur, de réconfort. Le temps se détériore. Je n'ai pas de remord, pas l'ombre d'un remord. Le début d'un regret, d'un désir ou d'un souhait. Eprouver quelque chose, car tu existes encore. Tous autour de moi me crient le vrai, les yeux bandés pour toi, même si je sais. Passable sermon. Je souris pardon. Vos mots, votre pitié, n'atteignent pas mon être aliéné. Pour peine perdue je me suis battue, au bonheur évanoui, que reste t-il de mes chimères ? C'est du passé, n'en parlons plus. La brise emporte les mots qui blessent et les brûlures de l'amour. Je reprend goût à la paresse, et à la douceur des jours. J'ai voulu éviter le pire, j'ai dû renoncer au meilleur. Aujourd'hui je me sens plus libre, j'ai rien à perdre, je n'ai plus peur.